Loounie est une chef végane et blogueuse au Québec. 


Des salades germées crues, j’en ai souvent dévoré en vitesse entre deux rendez-vous, en ne prenant pratiquement pas le moment de m'asseoir. Sans véritable plaisir, mais avec la conviction que je faisais le maximum pour ma santé, mon bien-être et (on ne va pas se le cacher), ma taille. J’ai navigué des courants alimentaires comme on parcourt des sentiers, en me laissant influencer par les indications que je croisais, et sans véritable plan. Mon cerveau en est arrivé à classer les aliments comme bons ou mauvais, selon des paramètres assez complexes pour garnir des tableaux. La santé, l’influence sur le poids, l’empreinte de carbone, incluant la distance parcourue, le bien-être des travailleurs, celui des animaux. Alouette! Mais jamais, au grand jamais, je ne m’arrêtais pour penser au véritable plaisir, ni à mon état d’esprit quand j’ouvrais la bouche.

Maintenant, au fil des réflexions, des lectures scientifiques et des prises de conscience qui ne s’expliquent pas simplement, j’ai le bonheur et le privilège d’être rendue ailleurs. De ne plus avoir ces tableaux dans ma tête. Et de manger plus lentement.

Manger lentement, ça veut dire quoi ?

Pour moi, ça veut dire avant tout être plus détendue autour de l’alimentation. Écouter mes envies, ma faim et ma satiété. Oublier les règles établies. Choisir les aliments qui sont non seulement délicieux, mais qui me font aussi sentir bien dans mon corps et dans ma tête. C’est déguster un morceau de chocolat noir parce qu’il est parfumé et amer comme je l’aime, pas parce qu’il contient moins de sucre. C’est ajouter une poignée de noix grillées sur une salade parce que leur croquant contraste avec la fraîcheur des légumes, pas par peur de manquer de protéines. C’est manger des croquettes de pois chiches parce que leurs fibres me soutiennent longtemps quand j’ai besoin d’énergie longtemps, pas parce qu’elles sont sans gluten. C’est aussi choisir les légumes biologiques d’un producteur local quand la saison le permet et un café équitable quand il est disponible, parce que ça me nourrit de savoir que mes achats soutiennent des entreprises qui partagent mes valeurs, quand c’est une option. Et c’est aussi de manger une patate frite bien brune sur le bord de l’autoroute l’été, parce que c’est tellement bon (avec du sel et un peu de vinaigre) et que ça me donne de l’énergie pour continuer la route.

Manger plus lentement, c’est aussi profiter de chaque repas comme un rappel à ralentir, à me déposer entre deux obligations. Mes grands-parents priaient. Moi, je prends une, deux ou trois grandes respirations. Et je m’assure d’être assise confortablement et de pouvoir mettre mes soucis de côté pendant quelques dizaines de minutes. Ou quelques heures si j’ai le bonheur d’être en agréable compagnie.

Photo de Loounie
Crédit photo Loounie

Le slow food, une histoire d’amour pour la nourriture depuis l’Italie

Dans les années 1980, en Italie, en réaction à l’émergence des établissements de restauration rapide et de l’industrialisation, le mouvement
slow food a été créé par un groupe de passionnés d’histoire, de culture et de bons repas préparés à partir d’aliments simples. Le mouvement a maintenant des membres partout dans le monde et a pour objectif de sensibiliser les citoyens à l’écogastronomie et à l’alterconsommation. En gros, le mouvement suggère de ralentir pour mieux choisir, mieux cuisiner et mieux apprécier les aliments. Je ne suis pas très familière avec le mouvement né en Italie, mais dans ma cuisine, le slow food se traduit par le fait de prendre le temps de cuisiner des plats savoureux à partir des aliments les plus simples possible, de les voir se transformer sous mes yeux plutôt que dans une usine et de prendre le temps de monter de jolies assiettes. Ça signifie aussi de manger dans le plaisir, à ma faim et avec un éclairage et une trame musicale digne d’un restaurant.

En mangeant plus lentement, j’ai compris que je pouvais faire confiance à mon corps pour me communiquer ses envies et pour me signaler la faim et la satiété. J’ai compris que je pouvais avoir du plaisir et de la satisfaction à dévorer un végé burger de restauration rapide comme j’en ai à savourer un mijoté de légumes et de haricots bios et locaux. J’ai aussi compris que ma santé et mon bien-être se construisaient trois fois par jour, chaque fois que je prenais une pause pour cuisiner ou pour manger.

Photo pâtes de Loounie
Crédit photo Loounie

Pour ralentir, en cuisine et à la table :

1. Consacrer quelques minutes ou quelques heures la fin de semaine pour cuisiner ou préparer des aliments qui seront cuisinés dans la semaine. En gros, on investit un peu de temps qui nous rapportera gros ;
2. Prendre le temps d’aménager la cuisine pour qu’il soit agréable d’y passer du temps ;
3. Définir un espace-temps pour manger (ex : 20 minutes, loin des courriels), et se permettre de relaxer autant qu’on le souhaite dans cet espace et cette période ;
4. Manger avec d’autres le plus souvent possible. Et prendre le temps de converser ;
5. Prendre littéralement le temps de souffler avant de manger : expirer un grand souffle pour vider les poumons, puis inspirer par le nez, sans forcer. Et savourer !

Recettes :

Petits pots de chocolat (sans le Rocher !), parce qu’ils sont faciles à faire et tellement gourmands !

Galettes au beurre d'amande, à l'orange et au chia

Recettes qui ne sont pas de moi, mais qui collent bien au thème :

Tikka Masala aux lentilles et patate douce à la mijoteuse 

Recette de soupe végétalienne Harira et dattes Medjool